LES
ORIGINES DE LA SOPHROLOGIE
1800
ans avant J.C, en Chine, on utilisait des thérapies similaires.
1500/2000
avant J.C. dans la religion du Véda, on trouve la mention d'une
technique semblable qui aurait été apportée par les envahisseurs aryens.
Mais,
c'est surtout dans les écrits datant de la Grèce Antique que l'on
trouve le plus d'informations.
Dans
la Grèce d'Homère, le discours accompagne toujours le pansement des
blessures: il est exhortation, consolation, incantation. Les sophistes
possédaient déjà une technique assez rudimentaire il est vrai, de
traitement par la parole.
C'est
Platon qui, le premier, a codifié le processus psychothérapeutique de
guérison par le Verbe. Dans l'Iliade, Homère nous raconte comment
Protocle soigne Eurypylos blessé par une flèche :
« Protocle...
dans la baraque du brave Eurypylos, restait assis,
le
charmait par ses propos, et sur sa blessure douloureuse répandait les
remèdes qui guérissent les noires douleurs ».
Dans
ce cas particulier, les paroles sont utilisées comme une simple
exhortation et ne semblent pas avoir de contenu magique.
Dans
l'Odyssée, Homère nous relate comment Ulysse chassant avec Autocolycos,
est blessé à la jambe par un sanglier. Ses compagnons bandent la jambe
blessée et arrêtent l'hémorragie au moyen d'une incantation (Epôdée).
Il y a donc dans le récit, deux parties: l'une, purement médicale, qui
est le bandage de la jambe; l'autre, magique, l'arrêt de l'hémorragie
par incantation.

PLATON
:
Philosophe grec
Né
à Athènes (428 - 348 av. J.C.
Disciple
de Socrate.
Il
est l'auteur de 28 dialogues
où
il fait parler son maître.
Le
recours à des chants et des incantations se poursuivra en Grèce jusqu'à
l'époque du christianisme. Les sophistes, pour leur part. codifieront
la technique du discours persuasif.
Antîphon
transposera cette doctrine sur le plan médical et sera le premier à
ouvrir une consultation que l'on pourrait appeler aujourd'hui
"Logothérapeutîque".
Voici
ce qu'en dit Gorgîas:" au temps où il se consacrait à la poésie,
Antîphon a créé un art permettant de guérir les chagrins de la même
manière que celui dont les médecins se servent pour traiter les
maladies: à Corînthe, près de l'Agora, il ouvrit un local portant une
enseigne et s'y montra capable de soulager les affligés au moyen de
discours. S'informant des causes de leurs maux, il soulageait et
consolait les malades.
C'est
Platon qui, dans son dialogue du Charmîde, va faire le pas décisif vers
la rationalisation complète et jeter les bases d'une véritable
psychothérapie verbale.
Extrait
de "Hypnose, Sophrologie et Médecine"
du
Dr. G.R.Rager Ed. Fayard
Voici
ce que l'on peut lire dans "CHARMIDE" de Platon:
Esclave,
dit Critias, va nous quérir Charmide, en lui disant que je souhaite le
montrer à un médecin au sujet de cette souffrance dont tout récemment
il me disait souffrir! Oui, ajouta Critias en se tournant alors vers
moi (c'est à dire Socrate) tout à l'heure il me disait qu'en se levant
le matin il avait des lourdeurs de tête.
Il
me demanda si je connaissais le remède contre le mal de tête.
En réponse à cette question je lui dis que c'était une
plante, qu'au remède cependant se joignait une incantation et que, si
l'incantation' était simultanée à l'emploi du remède, celui -ci vous
rétablissait radicalement en bonne santé, mais que, sans l'incantation
l'utilité de la plante était nulle.
Dès
lors, en vertu de cette théorie, c'est par des régimes que, portant
leur attention sur tout le corps, ils entreprennent de soigner et de
guérir, avec le corps entier, la partie malade.
Ne
t'es-tu pas rendu compte que c'est là leur langage et que c'est ainsi
que les choses se passent?
Et
bien Charmide, dis-je, il en est de même, maintenant aussi, pour notre
incantation. C'est là-bas, à l'armée, que je l'ai apprise d'un des
médecins thraces de Zalmoxis, qui, dit-on, rendent les gens immortels.
Or,
ce Thrace assurait que ses confrères de Grèce ont raison de soutenir ce
que je disais tout à l'heure.
Mais,
ajoutait-il, Zalmoxis, qui est notre roi, atteste en qualité de Dieu,
que, tout ainsi qu'on ne doit pas entreprendre de guérir les yeux sans
avoir guéri la tête, on ne doit pas non plus le faire pour la tête sans
s'occuper du corps, de même on ne doit pas davantage chercher à guérir
le corps sans chercher à guérir l'âme; mais que, si la plupart des
maladies échappent à l'art des médecins de la Grèce, la cause en est
qu'ils méconnaissent le tout dont il faut prendre soin, ce tout sans le
bon comportement duquel il est impossible que se comporte bien la
partie.
C'est
dans l'âme en effet, disait mon Thrace, que, pour le corps et pour tout
l'homme, les maux et les biens ont leur point de départ; c'est de la
qu’ils émanent, comme émanent de la tête ceux qui se rapportent à la
vue; c'est par conséquent à ces maux et à ces biens de l'âme que
doivent s'adresser nos premiers soins et nos soins principaux, si nous
voulons que se comportent comme il faut les fonctions de la tête et
celles du reste du corps..
Or,
disait-il, c'est par des incantations, bienheureux ami, que l'on soigne
l'âme; ces incantations ce sont les discours qui contiennent de belles
pensées; or les discours qui sont de telle sorte font naître dans l'âme
une sagesse morale, dont l'apparition et la présence permettent
dorénavant de procurer aisément la bonne santé à la tête comme au reste
du corps.
COMMENT
LA SOPHROLOGIE MODERNE
EST-
ELLE NÉE ?
Bien
qu'ayant
apparemment,
et
jusqu'à
preuve
du
contraire
ses
origines
dans
la
Grèce
Antique, cette
thérapie
était
ignorée
en
Europe.
Le terme a été inventé
et
la
technique
mise
à
la
mode
par
le Professeur
Alphonso
Caycédo,
neuropsychiatre
Colombien
en 1960.
Année où il
créa
l'École
Sophronique
et commença
à
enseigner
dans
les milieux
médicaux.
Inspiré
par
les
écrits des
grands philosophes
grecs,
il
dû
aller
étudier
en
Orient
(Japon,
Inde
et Tibet)
pour
trouver les
éléments
permettant
d'atteindre
les états
modifiés
de
conscience nécessaires
à
l'exploitation de cette thérapie.
ÉTUDE
ÉTYMOLOGIQUE:
SOS
= harmonie -
équilibre
-
sérénité.
PHREN
= esprit -
conscience
-
cerveau.
LOGOS
= étude -
science
-
connaissance.
SOPHIA
= sagesse.
COMMENT L’EXPLIQUER ?
Voici
quelques définitions données par des sophrologues réputés:
-
"La
sophrologie
est l'étude des moyens d'obtenir la tranquillité du cerveau
par extension de la conscience".
Dr. R. Abrezol
-
"C'est
la
science de l'harmonie de la conscience".
Dr.
J.P. Guyonnaud
-Je
dirai quant à moi:
"C'est
la recherche et l'exploitation d'un état
modifié de conscience
dans un but thérapeutique".
Le
Dr. A. Caycedo lui, groupe sous ce néologisme, la
totalité des techniques
permettant la modification du
niveau de conscience, c'est à
dire: moyens
chimiques, physiques, psychologiques et physiologiques
et leur application en thérapie médicale, compris
l'étude des phénomènes
hypnotiques, de relaxation, de
transe, d'extase.
Dans
les
dictionnaires modernes, vous trouverez la définition
suivante: "La sophrologie est l'étude de tous les changements d'états
de conscience de l'homme obtenus par des moyens
psychologiques, physiques
ou chimiques, ainsi que l'étude
de leurs possibilités d'applications
en thérapie
médicale, en prophylaxie ou en pédagogie."
Quant
à expliquer
son mécanisme, ce n'est pas possible dans l'état actuel de nos
connaissances.
Il faut se contenter de la vivre.
La sophrologie semble être née de la nécessité d'une méthode douce de remplacement, capable de développer la conscience humaine tout en la respectant. Ce besoin s'imposait à la suite des excès de l'hypnose (démonstrations de music-hall) et du discrédit qui s'en était suivi. Elle avait pourtant, dans le milieu médical, été marquée par de grands noms, comme le Professeur L. Chertok.
QU'EST-CE
QUE LA SOPHROLOGIE ?
C'est
une science qui tend, avant tout, à développer et
valoriser l'activité spirituelle de l'homme, pour aboutir à la maîtrise
du
corps par le mental.
C'est
à la fois une thérapie et une philosophie.
Elle
prône le respect de l'homme et de son libre arbitre,
en luttant contre l'emprise de la société qui tend à l'asservir de plus
en
plus. Ainsi, la première démarche du sophrologue face à son malade
est-elle de
lui expliquer ce qu'il lui propose de faire pour l'aider. Car rien ne
s'entreprend sans un accord total et réfléchi de ce dernier.
Le
sophrologue suggère, il guide le malade qui prend en
main sa guérison.
Le
sophrologue va s'employer à développer la fonction d’expression
de l'inconscient, laquelle se trouve généralement atrophiée, alors
qu'elle a un
rôle important à jouer.
Chez
un individu
moyen, le psychisme est dominé par le conscient, alors que
l'inconscient est
réduit au silence.
Et
pourtant, si l'on devait représenter le psychisme,
nous aurions une image qui s'apparenterait à l'iceberg, la partie
émergée étant
le conscient et la partie immergée l'inconscient.
La
pratique sophronique va rétablir une juste et
harmonieuse collaboration entre conscient et inconscient. Comme elle va
rétablir l'équilibre des fonctions des deux hémisphères du cerveau,
droit et
gauche.
L'homme
va se débarrasser de cet assistanat qui le
sclérose et s'habituer à prendre sa santé en charge en découvrant
l'étendue de
ses pouvoirs d'harmonisation et de guérison.
L'homme
va découvrir, et apprendre à se servir, de cette faculté
extraordinaire qui le différencie des autres êtres vivants, et qu'il
n'exploite
que dans des proportions infimes et mal, la pensée.
Il
va découvrir la pensée positive, la pensée créatrice.
Il
va découvrir
les clefs du bonheur.
Il
va apprendre le
véritable amour.
Bien
qu'issue de techniques orientales et plus particulièrement
du Raja-Yoga, la sophrologie est très bien adaptée à la mentalité
occidentale,
ce qui lui assure une très grande efficacité.
C'est
une méthode
simple, facile à pratiquer, douce et rapide.
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